La compagnie Calabasse Théâtre tient son nom d’une montagne ariégeoise, le pic de Calabasse, située juste en face de la maison de Nathalie Clerjeau et Philippe Costes, dans le Castillonnais. C’est après quelques années d’immersion dans le monde du théâtre, à Paris et dans le Sud-Ouest, qu’ils ont décidé de s’installer en Ariège pour vivre autrement, plus autonomes et loin des contraintes du statut d’intermittent, qui pousse à « accepter des rôles pour faire des cachets ».
Ils décident de monter une compagnie amateur, Le Théâtre de l’Origan, et mettent en scène « Le roi se meurt », d’Eugène Ionesco, mais les propositions pour jouer sont rares et les démarches ne sont pas motivantes. « On n’avait pas d’argent mais on était libre, on a monté un autre projet, « Rapt », puis on a mis en place des ateliers pour ados et adultes à Saint-Girons, où la nouvelle municipalité nous prête une salle. »
« Festen », « Faut pas payer », « Musée haut, musée bas », les adaptations s’enchaînent aux ateliers, toujours des textes percutants. Depuis 2007, c’est un texte d’Howard Zinn, « Marx le retour », qu’ils mettent en scène au théâtre de Violette, à Toulouse. Ils ont offert leur treizième représentation à Lavelanet, à l’invite de La Sauce du Casino. Philippe a lu les correspondances de Marx et pas mal hésité avant de se jeter dans cette performance d’acteur. Il interprète la grandeur du personnage montré dans son intimité et ses relations avec une belle force, faisant résonner les idées du grand homme avec la triste réalité de la conjoncture actuelle.
"Karl Marx, le retour" est une pièce de Howard Zinn.
Avec Philippe Costes, dirigé par Nathalie Clerjeau, musique de Jean-Benoît Nison.
Howard Zinn a imaginé Karl Marx venant aujourd’hui nous rendre des comptes qu’il ne nous doit pas.
On y croise Bakounine, Proudhon, sa femme Jenny et ses filles, et bien sûr Engels. On passe par Paris et ses communards, Bruxelles, Londres.
Seul en scène un comédien nous livre l’intimité de Karl Marx, ses oeuvres, ses pensées, ses colères, ses faiblesses, son arrogance et sa rage contre le capitalisme d’hier et d’aujourd’hui.
L’auteur de la pièce, Howard Zinn, pense qu’il faut sauver Marx, non seulement de ces pseudo-communistes qui avaient instauré un ordre répressif dans différents coins du monde, mais aussi de ces essayistes, et de ces politiciens de l’Ouest, qui s’extasiaient alors devant le triomphe du capitalisme.
Un amalgame bien utile au nouvel ordre néo-libéral pour invalider toute croyance en la possibilité d’une organisation sociale qui se fonde sur le bonheur du plus grand nombre plutôt que sur la liberté individuelle de faire des profits et de s’accomplir dans la seule consommation.
Note de l’éditeur « Agone »

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